I- Présentation de la commune de Pissila
a) Données historiques
Naba Loubrawa venu de Yaolinfanguéma (actuel Pibaoré) est le fondateur du Canton de Pissila il y a environ 836 ans.
De nombreux chefs lui succéderont jusqu’à l’actuel chef de canton Naba Sanem qui a été intronisé comme ses successeurs par le Dima de Boussouma en 2004.
Les chefs de villages et les notables animent la vie socio-culturelle du canton tandis que les Teng soaba (chefs de terre) dépositaires des rites et coutumes règlent toutes les questions liées à l’usage des terres.
De nombreux évènements de portée historique ont marqué la vie du canton dont notamment la grande famine des années 1907, l’érection du canton en circonscription administrative en 1974 et l’élection du conseil Municipal le 26 Avril 2006 suivie de la mise en place du bureau du conseil Municipal le 2 Juin 2006.
L’animisme, l’islam et le christianisme sont les principales religions que pratiquent les populations de la commune rurale de Pissila.
b) Données géographiques
La commune de Pissila est située à 30 kms à l’Est de Kaya, chef lieu de la région du Centre Nord et à 130 kms de Ouagadougou sur la route nationale n°3. Elle est limitée au Nord par la commune rurale de Barsalogho et de Pensa, au Sud par celles de Boussouma et Pibaoré, à l’Est par celle de Tougouri et à l’Ouest par la commune de Kaya. Elle compte 56 villages et 108 conseillers municipaux dont 28 femmes et 80 hommes.
c) Données démographiques
La population de la commune de Pissila est de 100 353 habitants dont 45 367 hommes et 54 986 femmes pour une superficie de 1678 km² soit une densité de 60 habitants au km² (source résultats préliminaires RGPH 2006).
Des migrations internes à caractère familial sont souvent observées (Bobo, Fada, Bitou, Sapouy, Ouaga, Kaya…………). A cela s’ajoute l’émigration vers les pays limitrophes (R.C.I, Ghana etc….) ou vers les sites aurifères.
La population est composée de plusieurs groupes socio ethniques dont les plus importants sont les Mossi les Yarcés, les Peulh et les Marensés.
d) Données physiques
Le climat de la commune de Pissila est du type soudano sahélienne et se caractérise par une longue saison sèche (Novembre à Mai) et une saison pluvieuse de Juin à Octobre. L’état vieillissant des infrastructures, la surexploitation de la ressource eau, l’ensablement progressif des barrages constitue une préoccupation des populations.
Le réseau hydrographique se compose de 6 barrages, 7 retenues et 49 mares d’eau.
La végétation a une prédominance d’essences d’intérêt économiques telles que le neré et le karité. Les plantes exotiques telles que l’eucalyptus constituent les principales formations artificielles. Il faut cependant noter que le couvert végétal est en voie de dégradation accélérée du fait des facteurs climatiques et anthropiques (rigueur climatique, systèmes inadaptés de production Agro Sylvo Pastorale
II- Données éducatives
L’enseignement de base se caractérise par l’existence de 40 écoles primaires publiques et une école primaire privé avec 145 classes fonctionnelles. On dénombre 9098 élèves à la rentrée 2007-2008. Les taux de succès à l’examen du CEPE sont respectivement 75,90 % en 2005, 80,24 % en 2006, 83,24 % en 2007 et 71,83% en 2008..
La campagne d’alphabétisation a connu l’ouverture de 113 centres en 2007. Les contraintes majeures se situent au niveau des effectifs souvent pléthoriques, la faible représentativité des élèves de sexe féminin dans les classes, la défaillance de certaines infrastructures et équipements (logements, salles de classes, tables bancs etc ) et de l’insuffisances des ouvrages hydrauliques.
L’enseignement secondaire se caractérise par l’existence d’un collège d’enseignement général du premier cycle (6e m à la 3em).
L’établissement disposait en 2007 de trois (3) enseignants permanents et de quatre (4) vacataires.
Les taux de succès à l’examen du BEPC sont respectivement de 64,09 % en 2005, 36,81 % en 2006, 34,34 % en 2007 et 62,93 en 2008.
Les contraintes majeures sont entre autres l’insuffisance du personnel enseignant, les effectifs pléthoriques, et l’insuffisance d’infrastructures et équipements scolaires.
III- Données sanitaires
La situation sanitaire de la commune est déplorable. Elle est caractérisée par une morbidité et une mortalité générale élevées qui sont imputables aux facteurs suivants :
L’inaccessibilité et la faible performance des formations sanitaires. Il existe dans la commune 8 formations sanitaires isolées et une CREN. Il faut en moyenne parcourir 8,5 Km pour accéder à une formation sanitaire. Les principales pathologies sont d’origine parasitaire (paludisme) et infectieuses (rougeole, tuberculose, infections respiratoires, diarrhées) et des épidémies meurtrières (méningite). Le taux moyen de fréquentation des centres est estimé à 20 %. L’insuffisance du personnel médical du point de vue quantitatif reste nettement en deçà des normes préconisées. Ce qui traduit un déséquilibre notoire entre le rythme d’accroissement du personnel soignant et celui de la population. L’insuffisance de logistique (ambulance, engins à deux roues, équipement et matériel médical, la difficulté de mobilisation sociale lors des vaccinations, la pratique de l’auto méditation, les décès prénatales et infantile, l’insuffisance d’ouvrages hydrauliques et d’assainissement sont les principales contraintes de ce secteur. L’apparition du VIH et l’augmentation des porteurs asymptomatiques et des cas de SIDA. Les femmes sont les plus touchées que les hommes. Ces contraintes expliquent en partie la baisse du taux de fréquentation des services de santé en général et de la Santé Maternelle et infantile en particulier
IV- Données socio-économiques
L’économie de la commune repose essentiellement sur l’agriculture, l’élevage et le commerce.
En production végétale, les cultures vivrières portent sur le sorgho blanc, le sorgho rouge, le mil et le maïs, tandis que le niébé, l’arachide, le voandzou et le sésame sont les principales cultures de rente.
Les cultures maraîchères sont pratiquées pendant les saisons sèches. Sur 13 bas-fonds aménageables d’une superficie totale de 140 ha, seule celui de Kierma est mis en valeur. La commune compte 231 groupements dont 104 de la filière niébé, 80 de la filière arachide et 47 de la filière fruits et légumes.
En production animale, l’effectif du cheptel est estimé à 18 936 bovins, 73 355 ovins, 75 442 caprins, et 171 858 volailles. Le charbon bactérien, les pasteurelloses (bovines et ovines) et la pseudo peste aviaire sont les principales épizooties de la commune.
Du côté du système d’élevage à dominance extensif, l’embouche bovine et ovine est une pratique courante de la population qui profite des facilités qu’offre le marché de regroupement de bétail de la commune. A travers la réalisation du marché à bétail par le Programme de Développement Local du Sanmatenga(PDL/S) la commune est parmi les plus grands centres de commercialisation de bétail de la Région.
Sur le plan organisationnel elle dispose de 66 groupements dans la filière bétail viande, 63 groupements dans la filière avicole et un groupement de la filière lait.
Le commerce et l’artisanat sont des secteurs qui connaissent un développement remarquable dans l’ensemble de la commune.
V- Données hydrauliques
L’eau potable constitue une denrée rare dans la commune de Pissila. Une infime partie de la population a accès à cette eau.
Cette situation s’explique par l’insuffisance et l’éloignement des sources d’approvisionnement en eau potable (forages). Les puits restent la principale source d’approvisionnement, viennent ensuite les cours d’eau (barrages et mares). La commune regorge 260 ouvrages hydrauliques dont 43 sont en panne et cela pour une population totale de 100 353 habitants.
Nonobstant les efforts fournis par le programme de développement local du Sanmatenga(PDL/S) pour la réalisation d’une adduction d’eau avec deux(2) bornes fontaines dans le chef lieu de la commune, d’autres problèmes surgissent à savoir des pannes périodiques qui obligent les populations à recourir fréquemment aux forages et à l’eau des barrages.
VI- Données CULTURELLES ET TOURISTIQUES
La commune regorge plus de 30 troupes traditionnelles variées. Les sites touristiques sont entres autres les caïmans du barrage de Dibilou et de Goema, la granité taillée de Téberé et le lieu sacré de Nabonga(Pissila). L’ensablement du barrage de Dibilou et la retenue d’eau de Goema provoquent la disparition progressive de ses espèces (caïmans).
Le manque d’occasions de rencontres (festival) ne permet pas à ses troupes traditionnelles de vendre leur talent à l’échelle nationale et voire même internationale.
VII- SERVICES DECONCENTRES DE L’ETAT
La Commune dispose de sept (7) services déconcentrés de l’état. Il s’agit de la préfecture, du service départemental de l’Environnement et du cadre de vie, le service départemental des Ressources animal, de la santé, de l’agriculture, de l’action sociale et de la circonscription d’enseignement de base(CEB).
Elle dispose également d’une caisse populaire qui œuvre à l’épargne et à la micro finance..
VIII- Partenaires
Dans le domaine du partenariat, la Commune entretient des relations de coopération aussi bien au niveau national qu’international.
Au niveau national, les partenaires potentiels sont entre autres le Plan Burkina, l’ONG/APIL, le CREPA, l’ODE.....
Au niveau international, la commune entretient des relations de partenariat avec la commune de Génappe (Belgique). Un partenariat initié par l’ONG /APIL qui a permis au Maire d’effectuer une tournée de visite en Belgique où il a pu prendre part à d’importantes conférences portant sur le renforcement des capacités des collectivités territoriales et poser des bases de partenariat avec d’autres communes et des personnes oeuvrant dans le développement.
La commune entretien également des relations avec l’Association Burkin’Amitié basée en France, l’Association Frères du Monde et l’Association Pissila Solidarité tous basées en France. Ces différents partenaires contribuent considérablement au plein épanouissement des populations de Pissila.
Au niveau local l’Association Force Agissante (AFAP) œuvre à la promotion de l’éducation à travers l’organisation des journées de l’excellence à l’école primaire et le Groupement Féminin Wendsong Tood ta Songdo œuvre à l’embellissement de la ville.
IX- PERSPECTIVES
La commune a en projet la réalisation d’une nouvelle adduction d’eau potable financé par le Programme d’Application à la Réforme de l’Eau (PAR).
Un projet d’électrification est en cours de réalisation par le Programme d’électrification Rural.
Un comité de gestion d’électricité (COPEL) a été formé à cet effet.
X- Problématiques
La description des caractéristiques générales de la commune laisse entrevoir une problématique de développement axée sur :
- La dégradation croissante des ressources naturelles ;
- La forte pression foncière ;
- Les migrations internes et externes ;
- L’insuffisance des infrastructures hydrauliques ;
- La faible couverture des services sociaux de base (santé, éducation)
- La faible productivité des activités agro-sylvo pastorales ;
- La persistance des systèmes extensifs de production ;
- L’insuffisance des moyens logistiques etc…
- La faible promotion des infrastructures économiques ;
XI- CONCLUSION
Aussi face à ces réalités peu performantes, il est impérieux d’opérer des choix pour un véritable décollage économique et social de la commune.
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